Messages recommandés

Posté(e)
"Publicité dans les jeux vidéo" : tel est le nom du séminaire qui a eu lieu à New-York jeudi dernier et qui enflamme aujourd'hui les blogs et les éditoriaux aux quatre coins d'Internet. Car le sujet est sensible : pour beaucoup de joueurs, la console ou le PC représente ce petit coin d'imaginaire qui vous emmène loin des soucis et des tracas de la vie quotidienne. Pas question, donc, qu'elle revienne envahir votre univers virtuel préféré sous la forme d'un panneau géant vantant les mérites de telle ou telle marque de déodorant.

Mais le train est déjà en marche : selon les prévisions de l'institut Yankee Group, les ventes d'espace publicitaire dans les jeux devraient représenter plus de 800 millions de dollars d'ici 2009, contre 120 millions l'année dernière. Pourquoi un tel optimisme ? Parce que selon les chiffres de l'institut de statistiques NPD, les jeunes adultes hommes de 18-34 ans, cible privilégiée des annonceurs, passent de moins en moins de temps devant la télé et de plus en plus devant les jeux vidéo. Parce que la publicité télévisée continue à perdre en efficacité et en impact auprès de cette cible. Parce qu'un joueur est 100% attentif à tout ce qui passe à l'écran, qu'il s'agisse d'un indice crucial pour résoudre l'énigme du niveau 4 ou d'une marque de téléphone portable stratégiquement placée.

Il y a plusieurs moyens de promouvoir un produit grâce au médium jeu vidéo, mais celui qui fait le plus parler de lui en ce moment (et celui qui cause le plus de débats) est une création de Massive Inc. La société n'est pas tout à fait une nouvelle venue ; nous en parlions déjà dans un article paru sur Overgame en août dernier (voir "Pub dans les jeux : 3ème génération"). Car ce que Massive propose, ce n'est ni plus ni moins que la nouvelle génération de publicité dans les jeux. Fini les panneaux codés une fois pour toutes ; grâce à un kit fourni, les développeurs n'ont plus qu'à assigner un espace prédéfini au sein des niveaux. Durant la partie, le jeu se connecte à un serveur internet, télécharge une publicité et l'affiche en temps réel dans l'espace en question. L'intérêt pour les annonceurs et les éditeurs est évident : la pub, désormais dynamique, devient plus flexible, plus efficace et, donc, plus rémunératrice à tous les niveaux.

Le colloque new-yorkais de jeudi dernier a été l'occasion pour la compagnie de passer à l'attaque. Etaient présents : le webmaster du site Primotech, lequel a consigné les évènements de la journée dans un compte-rendu de quatre pages, ainsi que 250 éditeurs, agences et développeurs, la plupart venus pour évaluer le potentiel de cette forme de publicité. Lors de la conférence d'ouverture, Mitch Davis, PDG de Massive, a donc étalé son argumentaire devant ce public de clients potentiels. Nestlé, Paramount, Coke et Intel, entre autres, font déjà partie des annonceurs conquis par le procédé. Les bannières sont servies à la demande, selon la date courante et la situation géographique, avec possibilité d'étudier les habitudes du joueur à l'intérieur même de l'univers virtuel. Et enfin, il y a la promesse d'un à deux dollars de revenus supplémentaires par copie écoulée. Ca fonctionne d'ailleurs même avec les versions pirates.

Mais qui va profiter de cet argent ? Très honnêtement, l'un des modérateurs de la conférence a confié que les développeurs n'en verraient "que très peu, voire rien du tout". Pour calmer le jeu, des représentants d'Activision et de Vivendi Universal ont cependant promis que les bénéfices seraient réinvestis pour financer de futurs projets (probablement du genre Spider-man 3 ou Harry Potter 4). Et les joueurs ? Massive promet des publicités harmonieusement intégrées, uniquement dans des environnements contemporains ou futuristes. Davis promet également plus de réalisme : les campagnes Coke ou Nestlé apporteraient selon lui un supplément d'authenticité à ces univers cherchant de plus en plus à reproduire celui que nous connaissons. On a pu cependant lire sur les forums du magazine HardOCP les impressions d'un possesseur de Splinter Cell : Chaos Theory PC, titre qui utilise justement la technologie Massive. Le joueur se plaint de voir s'afficher des pubs Sprite ou des posters de films à sortir prochainement dans les endroits les plus incongrus comme, par exemple, sur un bateau. A moins d'être très imaginatif et d'imaginer une histoire de contrebandiers férus de cinéma, l'immersion en prend un coup.

Le plus gros problème, en fait, est que ce mode de publicité ouvre grande la porte aux abus les plus grossiers. Si le système finit effectivement par se révéler profitable d'ici un an ou deux, il y a de grandes chances pour que les réclames se multiplient, et pas toujours à bon escient. On peut également imaginer un futur dans lequel les annonceurs auraient de plus en plus de pouvoir sur le contenu des jeux, continuant à éroder la marge de manœuvre des développeurs déjà bien réduite. Pour le moment, cependant, éditeurs et agences promettent modération et discrétion. Mais on connaît cette musique : c'est le chant de sirène des communiqués de presse.

<_<sick

overgame

+++

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant